Notes du colloque ville intelligente

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En 2015, je me suis donné comme mandat de vous parler fréquemment de la notion de « ville intelligente ». La « ville intelligente », c’est plus qu’une « ville universitaire », comme Sherbrooke aime se définir depuis quelques années. Une ville intelligente c’est une ville de connaissances – oui – mais c’est aussi et surtout une ville dont tous les acteurs travaillent ensemble à développer une ville innovante.

Le 22 octobre dernier, j’ai assisté à un événement ayant pour thème « Ville intelligente » organisé par le journal Les Affaires. Puisque ma vie professionnelle repose essentiellement sur des expériences liées aux communications numériques, ce sujet m’a particulièrement interpellé.

Référence: http://www.lesaffaires.com/evenements/conferences/ville-intelligente/569382

 

Ainsi, j’ai cru bon vous partager un résumé des réflexions qui ont suivi cette journée.

 

Ville intelligente : qu’est-ce que c’est ?

Plusieurs mots-clés peuvent définir ce qu’est une ville intelligente ou communauté intelligente (technologie, libre-service, nouvel urbanisme, participation démocratique, gestion de l’énergie, des transports, des eaux, édifices intelligents, données ouvertes, senseurs, logiciels libres, géomatique, etc.) En réalité, une ville intelligente comporte 6 grands paramètres :

1. Économie intelligente

2. Mobilité intelligente

3. Environnement intelligent

4. Habitants intelligents

5. Mode de vie intelligent

6. Administration intelligente

 

Il y a autant de définitions qu’il y a de villes.  Une chose est certaine cependant, ce n’est pas seulement un terme à la mode. Choisir de devenir une ville intelligente, c’est d’abord et avant tout de se doter d’une vision du futur de notre ville et augmenter son attractivité par des actions structurées et qui se bonifient une l’autre.

 

La ville intelligente compte toujours trois objectifs :

1. Améliorer la qualité de vie des citoyens et le service aux citoyens

2. Augmenter la richesse de la communauté

3. Bonifier la performance organisationnelle de la ville

 

Avant d’entamer cette démarche, il est important de définir clairement le retour attendu sur l’investissement. Ce retour sur investissement peut être autant humain et social que financier. Les actions mises de l’avant avec la ville intelligente doivent également répondre à un enjeu qui peut être lié à l’urbanisation, au financement, à l’attractivité, à l’environnement, aux infrastructures ou aux technologies. Dans cette démarche, il faut être en mesure de quantifier les gains – comme ce devrait être le cas dans tout chose.

 

L’intelligence dans tout cela ?

Permettez-moi de faire un parallèle avec un gestionnaire d’entreprise. Un bon gestionnaire – qui souhaite le développement durable de son organisation – s’assure de développer son entreprise pour répondre aux besoins de sa clientèle en se basant sur deux choses : ses forces et le talent et les compétences de tous les joueurs de son équipe!

 

Une ville intelligente c’est une ville qui répond aux besoins modernes de ses  clientèles (citoyens, touristes, entrepreneurs, etc.)  en mettant en valeur ses forces en faisant participer et travailler tous les partenaires ensemble dans une seule et même direction.

 

Une ville intelligente, c’est plus qu’un simple positionnement, c’est une véritable personnalité pour une ville, c’est une vision d’avenir.

 

L’exemple de Helsinki

Helsinki, ville de Finlande, est l’exemple parfait de ville intelligente qui a prévu un plan d’action concerté. Déjà, des résultats se font sentir : la courbe démographique des grandes villes des pays scandinaves est plutôt stable tandis que les autres villes voient leur population de plus en plus vieillissante. Helsinki a su garder les forces vives de sa population et c’est tout à son honneur.  C’est surtout un gain important en rétention, mais aussi d’attractivité des jeunes.

 

Collaboration + Créativité + Connectivité 

De ma journée du 22 octobre dernier, je retiens les trois mots suivants : collaboration, créativité et connectivité. Ces « 3 C » touchent les 6 grands paramètres énoncés précédemment (économie, mobilité, environnement, habitants, mode de vie, administration).

 

Une ville intelligente c’est évidemment une ville de savoir (créativité) et une ville qui utilise les technologies de l’information (connectivité), mais c’est aussi une ville de collaboration, de synergie. Les citoyens, les employés municipaux, les entrepreneurs, les partenaires institutionnels… tout le monde doit travailler ensemble en mettant en commun ses talents et ses idées.

 

De toutes les présentations offertes le 22 octobre dernier, je retiens particulièrement les deux éléments suivants :

  1. 1. Ce concept n’appartient pas seulement aux grandes villes. Cette vision peut être accessible à des villes de toute taille ;
  2. 2. La création d’une ville intelligente est un levier puissant pour accélérer le développement économique d’une ville.  Des exemples éloquents ont été démontrés autant par une ville de 30 000 habitants, comme Stratford en Ontario, qu’une ville comme Barcelone en Espagne.

 

D’ailleurs, je compte bien approfondir mes recherches afin de pouvoir vous présenter d’exemples très concrets.

 

La ville intelligente à Sherbrooke …

Sherbrooke a tout ce qu’il faut pour devenir une ville intelligente. D’ailleurs, Sherbrooke a été choisi par

Intelligent Community Forum Announces (ICF – une référence internationale) comme l’une des 21 villes les plus intelligentes au monde.  Sherbrooke est d’ailleurs la 3e ville la plus intelligente au Canada et la seule au Québec ! Consultez l’article de la Tribune sur cette reconnaissance. http://www.lapresse.ca/la-tribune/sherbrooke/201410/24/01-4812203-au-palmares-mondial-des-villes-intelligentes.php

 

Cette reconnaissance démontre clairement que nous avons plusieurs atouts pour réellement devenir une ville intelligente et que nous avons plusieurs morceaux du casse-tête en place. Les initiatives de notre directeur en TI, Yves Seney, sont maintenant grandement reconnues.  J’ai eu la confirmation qu’Hydro Sherbrooke teste des éclairages intelligents de la compagnie Sherbrookoise Lekla. Le projet de réforme des services en loisir est aussi un exemple en route fort intéressant. Ces projets font partie d’une démarche de créer une ville intelligente. Voudra-t-on travailler des projets à la pièce sans cohésion, sans vue d’ensemble? Il est impératif pour moi que Sherbrooke mise sur cette reconnaissance pour devenir plus ouverte, dynamique et active. Il Cette reconnaissance est une opportunité dont il faut savoir profiter !

 

La suite

Pour moi, il est essentiel que les élus de Sherbrooke doivent être au fait du concept de ville intelligente. Il est impossible d’entreprendre un tel chantier, un tel virage sans une orientation politique claire. Par la suite, l’ensemble des intervenants socio-économique de Sherbrooke doit comprendre et participer à la démarche. C’est tout un travail de concertation qu’il faut amorcer.

 

À mon sens, notre directeur des TI ne doit plus être le seul à ramer pour faire de Sherbrooke une ville intelligente. J’aimerais qu’il travaille maintenant main dans la main avec une ressource dédiée à ce projet de développement de notre ville. C’est tout simplement l’avenir et il faut se prépare dès maintenant…

 

Je m’engage, en 2015, à déployer les efforts nécessaires pour que ce concept soit connu et compris par mes collègues du conseil municipal et également par les citoyens de Sherbrooke qui y verront, assurément, une très grande valeur ajoutée pour Sherbrooke.