Notes: Propos en séance publique du 13 juin 2016 sur le mandat de Sherbrooke Innopole

J’aimerais vous partager ici la déception que j’ai exprimée devant mes collègues en comité plénier le 13 juin dernier concernant la façon dont nous avons défini le nouveau mandat de Sherbrooke Innopole et ce qui en ai résulté.

Suite à une lecture attentive du rapport annuel, je constate que l’équipe de Sherbrooke Innopole travaille très fort et je prends le temps ici de la féliciter. Je salue également l’engagement de Mme Fortin qui est très active sur le terrain depuis deux ans. Sans aucun doute, elle a à cœur le développement économique de notre communauté.

 

Au cours de la dernière année, nous avons eu une opportunité en or pour nous poser des questions, réfléchir et prendre des décisions basées sur une vision novatrice du développement économique. Toutefois, un rapport datant de 2007 nous a été présenté afin de nous convaincre que les enjeux sont toujours d’actualité. Au moment de cette rédaction, l’utilisation du téléphone intelligent était marginale. Dois-je rappeler que le monde technologique et par conséquent nos quotidiens évoluent à un rythme effréné? On parle ici de 10 ans d’évolution technologique.

 

Or, j’étais particulièrement inconfortable sur deux points importants du mandat soit :

 

2.5 – Participer à la mise en œuvre d’une stratégie en matière de développement de l’entrepreneuriat et appuyer les initiatives des partenaires du territoire en matière d’entrepreneuriat.

 

2.6 – Être actif au sein des réseaux de partenaires qui agissent sur les déterminants au développement économique, notamment en matière de développement numérique.

 

Il faut définitivement corriger le tir et moderniser le mandat. Sherbrooke Innopole se doit d’être un leader pour développer un créneau économique Ville intelligente dans lequel le développement de Startup d’entreprises est intégré. Nous devons être cohérents et nous offrir une vision avec des objectifs.

 

J’insiste à nouveau auprès de mes collègues de l’urgence d’agir à développer cette filière économique. Pour une ville universitaire comme Sherbrooke, les résultats de la filière TIC – Technologie de l’Information et des communications – sont extrêmement décevants. Le nombre d’entreprises de cette filière est resté le même depuis 2013, soit 96, 96 et 99 entreprises dans ce secteur. Il est de même pour le nombre d’emplois, soit 1686,1683 et 1689…

 

Selon le diagnostic sectoriel 2015 de Technocompétences, le nombre d’emplois dans le secteur des TIC augmente au Québec de 2.8% par année sur les 5 dernières années. Donc, toute proportion gardée, nous aurions dû avoir une augmentation d’une cinquantaine d’emplois par année.

Je ne blâme pas Sherbrooke Innopole, mais de toute évidence, la Ville de Sherbrooke n’envoie pas de signal clair à l’échelle du Québec sur l’importance que représentent la filière économique et l’économie numérique.

 

Considérant que le Plan d’action en économie numérique du Gouvernement du Québec a été lancé le 1er juin dernier, nous nous devons d’être en adéquation avec cette vision.

 

Considérant que la mobilisation des acteurs économiques de la ville de Montréal est exceptionnelle entourant cette filière économique.

Pas moins de 23 firmes de capital de risque, de groupes financiers et de corporations ont formé vendredi dernier le groupe Capital Intelligent Mtl. Ainsi, ils rendent disponible une somme de 100 millions $ pour le développement de cette filière-clé.

 

Considérant que nous avons reçu le titre mondial de Ville intelligente qui confirme un ensemble d’atouts pour se démarquer au niveau international dans ce créneau.

 

Considérant que nous accusons un certain retard dans un secteur en pleine émergence.

 

Pouvons-nous moderniser le mandat, avoir un peu d’ambition et être en mode développement des affaires? J’invite la Ville de Sherbrooke à faire honneur au potentiel qu’elle abrite et à s’offrir un plan d’action digne de ce nom!