L’entêtement : Cow-Boys, de Willie à Dolly

Je vous partage mes préoccupations énoncés, et quelques bonifications, à l’occasion de mon mot de la conseillère lors de la rencontre du conseil municipal du 6 septembre 2016.

Nous apprenions dans La Tribune, le 14 août 2016, que la saison de 2016 avait été « correcte » pour le producteur de Québec Issime, Robert Doré, qui présente Cow-Boys, de Willie à Dolly depuis maintenant 3 ans au théâtre ouvert de la Place Nikitotek, située au centre-ville de Sherbrooke. Puis, la semaine suivante, on parle plutôt d’une année « satisfaisante ». Pourquoi ce changement de discours? Pour nous préparer à avaler la pilule du retour de Willie à Dolly? Toutefois, on nomme que les attentes n’ont pas été atteintes, bien que le spectacle demeure rentable pour la production. Tant mieux si elle arrive à rentabiliser ses activités, mais à quel prix pour les contribuables sherbrookois?  En 2014, on parlait d’une moyenne de 39% de la salle qui se remplissait. En 2015, avec le nouveau toit, on avait alors 55% des sièges et le producteur se disait satisfait. On parle donc ici d’une salle à moitié vide. Avec les commentaires recueillis en 2016 concernant des résultats « corrects», à quoi peut-on s’attendre?

Québec Issime a une entente de 10 ans avec la Ville et voilà qu’on nous annonce que le même spectacle revient pour une 4e année consécutive. Surprenant cette décision sachant que le public n’est pas au rendez-vous. Si les résultats ne sont pas ceux qui sont escomptés, il y a une rétrospective à avoir et des solutions à trouver. Quel est le problème?

Après la première année, la production a réclamé un toit pour améliorer le taux de présence. La Ville a répondu à la demande et un toit a été ajouté à la Place. Maintenant, on nous parle de faiblesse au niveau de la promotion. Au sein de l’entente, c’est Destination Sherbrooke qui doit élaborer une stratégie, contracter et défrayer les frais promotionnels d’une valeur minimal de 150 000$ tiré directement du budget d’opération de la Ville. Probablement que celle-ci peut être améliorée, mais la production pourrait analyser d’autres paramètres et cesser de pointer du doigt les éléments extérieurs à la production.

J’aimerais rappeler au producteur que pour avoir un succès commercial, nous devons s’appuyer sur les 4P du marketing-mix :

  • Il faut évidemment un placement publicitaire efficace en sélectionnant dans les bons marchés et en ciblant les bons publics.
  • Un prix compétitif pour ce type de produit et en fonction des objectifs visés. Ce pourrait-il que les billets soient trop chers? Je ne remets pas en doute la qualité du spectacle, mais j’ai constaté que les prix sont semblables à une production comme le Cirque du Soleil à Trois-Rivières.
  • Un produit alléchant. Avons-nous réellement une offre de produit qui répond à la compétition? Est-il temps de changer de spectacle? Avons-nous trop de représentations?
  • Des partenariats Nous aurions tout à gagner à avoir une mise en marché au travers laquelle des leviers seraient créés avec des partenaires.

Seule la promotion serait déficiente? Je n’en crois pas un mot. Une introspection sur ces critères serait bénéfique. Qu’ajuster la promotion serait du déni. Il y a plusieurs problématiques liées à l’achalandage de la Place Nikitotek et on ne peut pas simplifier celles-ci à outrance. Avec un vrai produit d’appel, le bouche-à-oreille ferait une bonne partie de la promotion : comme c’est le cas pour Foresta Lumina à Coaticook, par exemple.

Il doit bien y avoir des avantages à accueillir un tel spectacle me direz-vous? Alors que Québec Issime rentre dans son argent malgré des résultats qui ne répondent pas aux attentes, la Ville de Sherbrooke ne retire pas les pleins bénéfices que devrait lui rapporter la Place Nikitotek. Ce projet ne sert aucunement de levier économique. Rien de concret ne ressort de cet investissement qui devrait être un élan pour le centre-ville et qui ne développe pas l’autonomie à laquelle on devrait s’attendre. Avec l’entente conclue avec la Ville, la production ne court pas beaucoup de risques. Mais pour les contribuables, qui ont investi en 2015 un montant de 331 000 $, sur une salle utilisée par une production qui a de la difficulté à remplir la moitié des sièges, ce n’est pas gagnant. Je suis d’autant plus déçue par ce dossier lorsque je recueille des commentaires des commerçants du centre-ville qui ne voient pas de différence dans l’achalandage liée aux présentations de Cow-boys, de Willie à Dolly. Si seulement on pouvait compter là-dessus.

La Place Nikitotek est un super endroit que les Sherbrookois n’ont pas encore eu la chance de s’approprier. On devrait s’y attarder. J’espère que l’équipe de Destination Sherbrooke sera rigoureuse dans l’analyse du dossier et nous arrivera avec des solutions qui iront au-delà de se plier aux demandes de la production.