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Budget 2017 : Un manque de volonté politique

Mon intervention lors de la séance extraordinaire à l’occasion de l’adoption du budget 2017

 

Monsieur le Président,

 

Je voterai contre ce budget parce que je suis profondément convaincue que nous aurions pu offrir un répit aux contribuables sherbrookois par un gel de taxe. D’autres villes au Québec on réussit à le faire et je crois qu’avec une véritable volonté politique nous aurions pu réussir un tel objectif.

Que ce soit pour une entreprise ou une municipalité, la préparation d’un budget annuel se veut le reflet d’une vision, d’une orientation claire et d’une philosophie de gestion. Or, ce que je retrouve devant moi ce soir ne rejoint en rien la vision à laquelle je crois et j’aspire.

Je demande d’ailleurs depuis plusieurs années de changer le processus de préparation budgétaire. J’aurais souhaité que tous les membres du conseil, sans exception, puissent donner leur point de vue sur les priorités à retenir afin de rejoindre les besoins et les attentes des citoyens et citoyennes.

Dans une entrevue récente, Bernard Sévigny rejetait du revers de la main le concept de budget participatif. Il déclarait et je cite – la Ville consulte plus que ce qu’exige la loi. « On en fait des consultations. On en fait beaucoup. On en fait au-delà de ce qu’exige la loi. Ce n’est pas nouveau. Est-ce qu’on le fait sur les choix budgétaires : on n’est pas rendu là. L’idée, c’est d’expliquer ce qu’est un budget et ce qu’est la structure du budget. »

Comme si les citoyens n’étaient pas en mesure de comprendre et d’apprécier l’exercice.

Le maire affirme qu’il fait beaucoup de consultation. Ce serait intéressant de connaître ceux et celles qui l’ont été, parce que nous, les élus municipaux, n’avons jamais été consultés. La tenue du Lac-à-l’épaule annuel ne permet que quelques modifications mineures alors que la majeure partie du budget est déjà décidée. Un exercice à mon avis, purement cosmétique.

 

Je me questionne sur les véritables priorités de la Ville en matière budgétaire. En révisant l’ensemble de la proposition budgétaire 2017, j’ai eu la mauvaise impression que tout était traité à la pièce, sans vue d’ensemble! Un budget qui n’a fait l’objet d’aucune discussion véritable et d’aucun débat entre tous les membres du conseil municipal sur les enjeux et les limites de la capacité de payer des contribuables.

 

Il me semble que les citoyens et citoyennes devraient être en mesure de comprendre dans un tel exercice budgétaire, vers ou se dirige la Ville et comment elle y arrivera. Or, ce budget embrasse tellement large que personne n’est en mesure d’identifier clairement la vision de la Ville et ses priorités. Tout semble confus et éparpillé!

 

Comme les citoyens et citoyennes, je me pose également beaucoup de questions!

 

– A-t-on perdu le contrôle de nos dépenses?

– A-t-on perdu de vue la capacité de payer des contribuables?

– A-t-on les moyens de se payer autant de projets en même temps?

 

Juste au plan du développement économique, la Ville de Sherbrooke finance une multitude d’organismes, l’éparpillement est éloquent:

– Sherbrooke Innopole

– Destination Sherbrooke

– Commerce Sherbrooke

– PGE Estrie

– CDEC de Sherbrooke

– le Centre de promotion industriel de Brompton

– Entreprendre Sherbrooke

– Espace Inc

– Well inc.

– Université des Sherbrooke

 

 

La Ville contribuera en 2017 pour près de 10 M$ aux organismes dédiés au développement économique. À cet effet, j’ai mentionné à plusieurs reprises l’importance de bien définir les mandats des différents organismes. Il me semble qu’une bonne réflexion nous permettrait de mieux servir les besoins des entrepreneurs sherbrookois.

 

N’aurait-il pas été important de se questionner sur des possibles dédoublements?

 

N’aurait-il pas été pertinent de valider la performance et les résultats obtenus par certains organismes depuis leur création?

 

N’aurait-il pas été normal de revoir ou de mettre à jour les mandats et les objectifs de certains organismes?

 

N’aurait-il pas été judicieux de faire des choix vraiment prioritaires ou d’échelonner certains projets sur quelques années.

 

Évidemment la Ville doit assumer un certain leadership en matière de développement économique, c’est bien sûr un enjeu prioritaire.

 

Mais cette responsabilité ne veut pas dire que l’on peut tout faire.

 

Par exemple, le budget prévoit une contribution de 720 900 $ à Sherbrooke Innopole, à CDEC et à PGE pour refinancer différents types de fond d’assistance financière.

 

D’un côté il est vrai que les fonds en pré-démarrage sont quasi-inexistants à Sherbrooke, mais de l’autre il m’apparaît essentiel de s’interroger sur la compétence d’une Ville à financer la création d’un fond de capital de risques pour des entreprises en démarrage. Est-ce vraiment la mission d’une municipalité de risquer l’argent des contribuables dans des entreprises, ou si cette responsabilité ne relève pas justement d’organismes gouvernementaux ou d’investissements privés?

 

Autre exemple, à Commerce Sherbrooke, sur 174 700 $ de nouvelles demandes, 100 % ont été acceptées.

 

Dans cette période de restriction budgétaire, est-il normal d’accepter 100% des demandes reçues?

 

Alors oui, nous sommes en droit de nous interroger sur le sérieux et la rigueur qui entoure la préparation du budget 2017 de la Ville de Sherbrooke.

 

À la lumière de tous ces faits, je constate malheureusement que les contribuables sherbrookois auront à assumer une augmentation de taxes injustifiée en 2017 liée à un manque flagrant de volonté politique.

 

Pour toutes ces raisons, je réitère que je voterai contre l’adoption de ce budget.